Le tube de l'été 85

A cet époque, la mode du vaisseau spatial et du robot bat son plein. L'an 2000 approche, et l'on se voit tous se déplaçant en soucoupe volante, avec une armée de robots à notre service. Les dessins animés les plus populaires sont alors Goldorak, Albator et Capitaine Flam. Sur les écrans, La Guerre des Etoiles fait un tabac. L'informatique se démocratise (souvenez vous d'Amstrad, de Goupil, du TO7 de Thomson, d'Atari). Enfin, les succès de la navette spatiale américaine laissent présager qu'en une vingtaine d'années, on irait dans l'espace comme on va à Palavas-les-flots.

Under the Ice est classé dans la catégorie Italo Disco ou Italo Dance. Ce genre musical, venu d'Italie est directement hérité du Disco. Il préfigure la mode des tubes dance produits en quantité industrielle dans les années 90 :

  • Musique électronique, boîte à rythme
  • Paroles ineptes ou étranges (c'est le cas ici)

Les paroles

C'est dans ce contexte culturel qu'il faut replacer le texte de cette chanson. Attention, rien d'extraordinaire, ne serait-ce que la thématique abordée, la machine face à l'humain.

La chanson comporte une introduction parlée avec une voix "robot" (souvent supprimée dans les versions disponibles en ligne sur internet).

Nous sommes le 13 mai 2106, et un robot nous explique rédiger ses mémoires. La voix du robot est parfois coupée, rendant le texte difficilement compréhensible. Globalement, on comprend qu'il a souffert, mais qu'en ayant rencontré l'humanité, il se sent mieux.

Après le fameux refrain d'onomatopées (voir plus bas), commence réellement la chanson.

Le premier couplet parle d'une planète très éloignée, très lumineuse, éclairée par sept lunes et deux soleils. Cette planète semble être très évoluée sur le plan technologique, puisque l'on peut voir voler dans le ciel des vaisseaux spatiaux.

Dans le second couplet, on apprend qu'un homme aux mains d'argent a envoyé un vaisseau spatial vers la Terre, mais que le vaisseau a explosé au pôle Nord. Seul un robot a survécu.

Vient ensuite le vrai refrain, où l'on comprend que le robot est prisonnier sous la glace, et qu'il nous appelle au secours.

Cela est confirmé par le troisième couplet, où il est expliqué que ce robot est bien prisonnier des glaces loin de chez lui et qu'il émet des signaux de détresse pour qu'on lui tende la main. Heureusement, il est retrouvé par les hommes et extirpé de la glace. Ses circuits sont gelés mais régulièrement appellé de l'espace.

A nouveau le refrain, et c'est fini.

Ces paroles méritent-elles une analyse plus poussée ? Nous laissons le soin aux commentateurs de le faire.

La musique

Boîte à rythme, synthétiseurs, tout les ingrédients y sont. Une voix féminine qui chante les couplets, une voix masculine virile qui chante les deux refrains. L'un des refrains est composé uniquement d'onomatopées, (ah ! ouh ! ah ! ih !) pas forcément très gracieuses. Enfin un choeur intervient par moment (tutu tu tudu dudu...)

A part la version d'origine, il existe une version instrumentale d'une durée de 5 mn, ainsi que plusieurs versions longues.

L'émission DIRECT de Canal +

Beaucoup se souviennent d'Under the Ice en tant qu'indicatif de l'émission DIRECT, diffusée sur Canal +, le midi de 1985 à 1987. Les jingles intermédiaires (météo, musique, Bonaldi etc...) étaient constitués d'extraits de la chanson.

Vous pouvez visionner ce générique en suivant ce lien.

Cette émission, un peu oubliée a pourtant son importance dans l'histoire du Paysage Audiovisuel Français.

Philippe Gildas lance en effet la première émission mêlant l'interview d'un invité, chroniqueurs et information. C'est par exemple dans DIRECT que Jérôme Bonaldi a commencé à présenter ses fameux objets.

L'émission rencontre un tel succès qu'Alain de Greef décide de déplacer DIRECT vers le soir, à 19h30, et de renforcer l'équipe avec les Nuls, déjà présents à cette heure et Antoine de Caunes. Cette émission s'appellera Nulle Part Ailleurs.

Bien qu'innovante sur la forme, DIRECT, devient hélas l'un des antres de cette bien-pensance gauchisante, encore aujourd'hui omniprésente dans les milieux journalistiques.

Under the Ice sera vite oublié par Philipe Gildas et Canal +, puisque le tube de 1985 sera remplacé dès la seconde saison de DIRECT par un générique insipide mais plus conforme à la charte graphique Canal+ .

Que ce vieux tube ravive en vous de lointains souvenirs !